et tu m'insulteras comme si je ne vivais rien, tu m'insulteras

    as-tu bien vu à quoi je ressemble, as-tu bien vu comment je me porte, as-tu bien regardé ma vie
    si le sang ne suffit pas, ni les cris, ni les pleurs
    ce n'est une guerre de nerfs, et certainement pas l'illusion de ton odeur
    qui saurait me pousser à tout cacher, qui saurait me voir droit dans les rangs
    je dépasse, même quand je me tais, je suis un peu trop grand
    et fabuleusement hors cadre, extravagant dans l'attitude et les codes
    même si moi aussi, j'ai peur, quand je signale ouvertement, que j'enfile les perles, que je brode
    si je m'affiche le jour, et la nuit aussi, comme une pancarte éclairée, évidemment que je tremble
    lesbienne, trav et isolée, de plus en plus clair, transparaît dans l'ensemble
    mais je ne peux pas, je ne peux pas, je ne peux pas le mettre sous clef
    et j'ai peur, j'ai peur, j'ai vu les regards et j'ai vu pire, mais je me tuerais
    si je me silençais dans la sécurité

    tu sais, je suis déjà noire, alors, c'est un danger de plus
    le dilemme n'a jamais été à la protection, mais à combien de cibles
    tu sais, j'ai déjà essayé, je me suis rangé dans des cases à chemises unies
    le mensonge m'a détruite et j'ai vomi sur mon sol dans la honte et les regrets

    je ne supporte plus de faire semblant, d'allonger l'espérance contre la vivre qu'à moitié
    je ne suis rien quand je fais semblant, rien