Lettre à la lune (1)

    Si ma voix ne porte pas, si l'on n'entend pas mes mots, je vais bientôt regretter
    De ne pas avoir agi plus tôt ou de ne pas avoir volé
    Si demain tu disparais, douce raison de vivre, amitié à qui mon coeur plaît
    Je vais, je vais, je vais — partir en fumée

    Une guerre de nerfs entre trois partis dont la moitié fait tout pour t'accâbler. Si près du but, tous les signaux sont lancés pour te voir échouer. Oui, c'est ça, l'arme fatale face à la personne trop patiente et fatiguée que tu es ; c'est de te détruire juste devant le but. Mais c'est une illusion. Une quinzaine de minutes et tu plonges, qu'ont-ils bien pu te dire chez toi et dans ta tête ? Tout pour te convainvre que c'est foutu pour foutu, qu'il n'y a plus rien qui te reste alors même justement que tu n'as jamais était aussi proche de te relever. Oublie l'argent, c'est un problème pour plus tard puisque mon père ne peut plus conduire ; il s'en excuse et participera au prix du billet de train, moins cher que la voiture, tout à fait faisable. Les meubles se trouvent gratuitement ici, j'ai tout vérifié, du lit au bureau. Ce sera facile, réglé et installé en moins d'une semaine.

    Tu peux vivre sur ce pilote automatique et te sentir vide, tu peux croire qu'il ne te reste rien, mais c'est bien aujourd'hui que tu as tout pour y arriver. Les étoiles alignées, et tout pour te saboter parce que tu as la possibilité de réussir. Te sentir mal pour ceux qui veulent ton bien est si typique de toi, tu te sens même mal pour ceux qui ne le veulent pas. Toi qui voulais toujours t'éloigner en pensant que ça aiderait à ce que les autres ne souffrent pas. Tiens bon un peu plus et fais la part des choses entre ceux qui n'ont pas ton dos et ceux qui l'ont, entre ceux qui t'aideront à passer toutes les épreuves, qui compatissent, qui ont traversé si similaire, et ceux qui t'enfoncent toujours plus bas dans tes pensées. Tu as été là quand j'allais sombrer, et évidemment que c'est réciproque. Je suis venu une fois, et s'il le faut, on viendra deux.

    Me relire ; comprendre qu'il n'y a aucun fardeau que sur moi tu puisses faire peser, de mes lettres à mes messages. Me relire ; comprendre que pour toi, j'irai au bout du monde parce que je le veux et non pas parce qu'on me l'impose. Me relire ; peu importe à quel point tu t'es terré dans la fatigue, et à quel point tu penses que c'est la fin, je n'abandonnerai jamais. Me relire.

    On aura ma cuisine et on gravera des CD. Tu me feras découvrir toi aussi, il y a beaucoup ici. J'ai beaucoup aimé ce que tu m'avais proposé. Toutes mes applis ne cessent de me montrer de la déco lune et étoile. L'appart sera beau. Quartiers sympas, un Lidl à visiter, des graffitis partout, des marchés, solidarité. Me faire goûter le thé. Il en reste, tu sais. Caresser le chat qui perd ses poils ; enfin vivre avec un chat comme tu le voulais donc. Partir à l'aventure, marcher le soir, parler à la Lune. Le vélo rentrera dans le train à l'emplacement vélo, et sûrement c'est moins mort aussi. J'ai un casque à prêter, pour le vélo. De l'art, coudre, peindre, lire ensemble ; j'ai retéléchargé Umineko pour toi, en entier. J'ai tout déplacé, et regarder Princess Tutu sera d'autant plus simple. Je vais enfin avoir les câbles pour la Wii, pour la télé. Beaucoup d'écrits à lire, des poèmes, des fictions, des dessins. Rencontrer Sǐan. Une transition faisable si t'en veux, à domicile, tout parfait.

    J'ai encore rêvé de toi. Je rêve toujours de toi. Dans mes rêves, tu arrêtes cette bêtise pour laquelle je ne t'en veux absolument pas. Pas de colère, rien à pardonner. Tu viens me parler. Que je sois là pour toi, et tu sais que je le suis. Tu le sais. Tu le sais. C'est pas moi, le parti des 3 qui veut te voir échouer. Et tu n'as pas besoin de tout arrêter, tu as besoin que le temps s'arrête autour de toi. Une vraie pause enfin, pour pouvoir souffler et process. Relève-toi un instant, et viens te relâcher pour de vrai ici. Je vais te l'offrir, l'endroit où tu auras le droit de process, de pleurer, d'avancer.