Bonjour, toi, et au revoir
Tu te tiens là, assis, encore parfaitement vivant, cinq à huit ans plus tard, et tu n'y penses plus depuis longtemps déjà. Adulte, avec un job, enfin un stage certes ; avec un appartement, avec ton chat, avec de quoi cuisiner, invité à sortir un peu, capable de te repérer dans de nouvelles villes, capables d'apprendre de nouvelles compétences, du hobby au travail. Un fantôme du passé — une phrase qui soudain te rappelle mille pensées à la seconde, et puis un vide total ; silence ou bruit blanc. Tu comprends vite, c'est donc ça qu'ils conceptualisent sous le nom de trigger word. Tu clignes des yeux. C'était bizarre. Ça l'est toujours un peu, mais ça ira. Pourtant comme un vieux réflexe, tu as décidé d'écrire à la deuxième personne et de ne pas avoir à être toi-même l'espace d'un instant.
Je n'ai ni raison de me laisser retomber dans une déprime d'autrefois, ni raison de reprocess ce que j'ai déjà ruminé des années. Il y aurait bien d'autres sujets qui mériteraient cette analyse aujourd'hui, mais celui-là est clos depuis longtemps. C'est sans pessimisme ou plainte que j'affirme en face de la situation que je suppose que ça ne s'en va vraiment jamais. Comme c'est sans pessismisme ou plainte, j'affirme également que ça n'a pas pour autant d'importance majeure, ou peut-être plutôt de capacité à m'arrêter dans mon progrès.
Ni vraiment un détachement, ni vraiment un attachement. La reconnaissance du passé et l'admission que le passé est là où il devrait être : dans le passé. Qu'il fasse irruption soudainement dans le présent surprend, mais il ne choque plus. D'un grand soupir, on remet le passé dans le passé, sans l'enfermer dans un endroit scellé.